À première vue, l’article publié par Gleeden le 8 AOÛT 2024 https://pressroom.gleeden.com/fr/orgasm-gap-infidelite/ semble apporter une réponse simple.
Les femmes auraient davantage d’orgasmes avec leur amant qu’avec leur conjoint.
La conclusion implicite paraît évidente.
L’infidélité améliorerait la vie sexuelle des femmes.
Ce cas de figure relève du Monde 4 — Quand le lien se défait, l’une des sept étapes de la carte des épreuves Allectio.
Mais la réalité est-elle réellement aussi simple ?
Pas vraiment.
En science, il existe une règle fondamentale.
Une corrélation n’est jamais une preuve de causalité.
Une étude… mais sur quelles femmes ?
Le premier élément qu’il faut regarder n’est pas le résultat.
C’est la population étudiée.
L’enquête de Gleeden interroge plus de 3 000 femmes.
Mais pas n’importe lesquelles.
Uniquement des femmes :
- inscrites sur Gleeden ;
- engagées dans une relation extraconjugale ;
- ayant accepté de répondre à un questionnaire.
Autrement dit, nous parlons déjà d’une population très particulière.
Ces femmes ne représentent pas toutes les femmes.
Elles représentent des femmes qui ont déjà franchi le pas de l’infidélité.
Cette différence est essentielle.
L’amant… ou l’effet de nouveauté ?
L’article explique que 52 % des femmes atteignent systématiquement l’orgasme avec leur amant.
Mais pourquoi ?
Est-ce réellement parce que l’amant est meilleur ?
Ou parce que le contexte est totalement différent ?
Les chercheurs connaissent depuis longtemps un phénomène appelé l’effet de nouveauté.
Au début d’une relation :
- le désir est plus intense ;
- la dopamine augmente ;
- l’excitation est plus importante ;
- l’anticipation est plus forte.
Autrement dit, comparer une relation installée depuis dix ans avec une relation secrète, nouvelle et très excitante revient à comparer deux situations psychologiques totalement différentes.
Ce n’est pas uniquement la personne qui change.
C’est tout le contexte émotionnel.
Le véritable enseignement est ailleurs
L’article de Gleeden contient pourtant une information extrêmement intéressante.
Les femmes expliquent que leur plaisir augmente notamment parce que :
- les préliminaires sont plus longs ;
- elles communiquent davantage ;
- elles osent exprimer leurs envies ;
- elles se sentent écoutées ;
- elles prennent plus de temps.
Voilà probablement le véritable résultat de cette enquête.
Car aucun de ces éléments n’exige une infidélité.
Ils peuvent parfaitement exister dans un couple stable.
Le véritable problème de l’orgasm gap
Depuis plusieurs années, les recherches montrent que l’orgasm gap existe bien dans les couples hétérosexuels.
Mais ses causes sont multiples.
Parmi les facteurs les plus fréquemment retrouvés :
- des préliminaires insuffisants ;
- une mauvaise connaissance du plaisir féminin ;
- une focalisation excessive sur la pénétration ;
- un manque de communication ;
- le stress ;
- la charge mentale ;
- certains tabous culturels.
Autrement dit…
Le problème ne s’appelle pas « le mari ».
Le problème s’appelle souvent la qualité de la relation sexuelle.
Les hommes ont une responsabilité
Dire que tout repose sur les femmes serait faux.
Dire que tout repose sur les hommes le serait également.
En revanche, les hommes ont une responsabilité importante.
Parce que, dans un couple, ils peuvent apprendre.
Comprendre le fonctionnement du plaisir féminin.
Prendre davantage de temps.
Observer.
Écouter.
Poser des questions.
Accepter que le rapport sexuel ne soit pas une performance, mais une rencontre.
Un homme qui cherche uniquement son propre orgasme risque de laisser sa partenaire frustrée.
Un homme qui cherche à comprendre le plaisir de la femme augmente considérablement les chances que tous les deux vivent une sexualité épanouissante.
Pourquoi chercher ailleurs ce qui peut être construit ensemble ?
C’est probablement ici que l’article de Gleeden pose une question philosophique.
Si une femme atteint davantage l’orgasme avec son amant grâce à :
- davantage de communication ;
- davantage d’écoute ;
- davantage de préliminaires ;
- davantage d’attention.
Pourquoi ces mêmes comportements ne pourraient-ils pas être développés avec son conjoint ?
L’infidélité n’est peut-être pas la cause du plaisir.
Elle est peut-être le révélateur de ce qui manque déjà dans le couple.
L’amour ne peut pas vivre uniquement de dopamine
Au début d’une liaison, tout paraît plus intense.
La nouveauté stimule le cerveau.
La dopamine augmente.
Les rendez-vous secrets renforcent l’excitation.
Mais aucune relation ne reste éternellement dans cette phase.
Avec le temps, même l’amant deviendra un partenaire de longue durée.
La question reviendra alors.
Comment maintenir le désir ?
Comment communiquer ?
Comment continuer à découvrir l’autre ?
Autrement dit, les difficultés que l’on attribue aujourd’hui au conjoint pourraient réapparaître demain avec un autre partenaire si les mécanismes relationnels ne changent pas.
Ce que nous enseigne réellement l’orgasm gap
L’orgasm gap ne devrait pas opposer les hommes aux femmes.
Il devrait nous rappeler une chose essentielle.
Une sexualité épanouie ne repose pas uniquement sur le désir.
Elle repose sur l’écoute.
La confiance.
Le temps.
La curiosité.
La communication.
Et surtout, sur une volonté commune de construire le plaisir de l’autre.
La philosophie d’Allectio
Chez Allectio, nous refusons l’idée que la solution à un problème relationnel soit systématiquement de changer de partenaire.
Notre ambition est d’aider les hommes à mieux comprendre les femmes.
Et les femmes à mieux comprendre les hommes.
Parce qu’un homme qui apprend à écouter, à communiquer et à comprendre le plaisir féminin peut transformer profondément sa relation.
Et parce qu’une femme qui se sent libre d’exprimer ses envies, sans peur d’être jugée, contribue également à construire une sexualité plus satisfaisante.
L’objectif n’est pas de désigner un coupable.
L’objectif est de construire des couples plus solides, plus complices et plus heureux.
C’est cette philosophie qui guide Allectio : utiliser la psychologie, les sciences du comportement et les connaissances sur les relations humaines pour aider les couples à progresser ensemble, plutôt que de considérer que le changement de partenaire est, par défaut, la réponse aux difficultés sexuelles.
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Références scientifiques
Cet article s’appuie sur les travaux et sources suivants :
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- Rogers, C. R. (1957). The necessary and sufficient conditions of therapeutic personality change. Journal of Consulting Psychology, 21(2), 95-103.
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