Allectio décrit des mécanismes humains à partir de travaux de recherche. Ces travaux viennent pour l’essentiel de pays anglophones, d’échantillons étudiants et de périodes où les téléphones n’occupaient pas la place qu’ils occupent aujourd’hui. Cette enquête sert à combler une partie de cet écart, avec les personnes qui lisent ce site. Elle porte sur quatre domaines que la vie quotidienne mélange en permanence : le travail, les réseaux sociaux, les relations et ce que l’on attend encore de l’amour.
Pourquoi cette enquête
Nous cherchons à décrire, sans jugement, ce qui occupe réellement une vie : les journées de travail et ce qu’elles coûtent, l’usage des réseaux sociaux, la façon dont les relations se nouent, se maintiennent ou s’abîment, et les convictions que l’on garde sur l’amour et l’engagement. Il ne s’agit pas de démontrer que les écrans dégradent les liens, ni que le travail rend malheureux, ni l’inverse. Il s’agit de regarder ce qui apparaît réellement dans les réponses, y compris quand cela contredit ce que l’on attendait.
Les résultats serviront à orienter les sujets traités sur ce site, à corriger nos angles morts, et à publier des constats chiffrés issus d’un échantillon francophone plutôt que de données importées d’ailleurs.
Ce que nous demandons, et ce que nous ne demandons pas
Le questionnaire est anonyme. Il ne comporte aucun champ de nom, d’adresse e-mail, de numéro ou d’identifiant. Vous n’avez pas de compte à créer et rien à valider par courrier.
- Aucune donnée identifiante n’est demandée : ni nom, ni e-mail, ni pseudonyme, ni numéro de téléphone.
- Aucune question n’est obligatoire. Chaque question comporte une option « Sans réponse », et vous pouvez la laisser telle quelle.
- Les questions sont fermées, avec des réponses à cocher : c’est ce qui permet de produire des statistiques exploitables.
- Le champ libre de fin est facultatif et il est demandé de n’y écrire ni votre identité, ni celle d’une autre personne.
- Les réponses ne sont utilisées qu’agrégées, sous forme de pourcentages et de croisements, jamais individuellement.
- La dernière section, consacrée à l’intimité dans le couple, est facultative, réservée aux personnes majeures, et soumise à un consentement distinct.
Le travail, parce qu’il déborde sur tout le reste
On ne peut pas décrire la vie relationnelle de quelqu’un en ignorant ce qu’il fait de ses journées. Le travail détermine la fatigue avec laquelle on rentre, le temps qu’il reste, l’humeur que l’on ramène, et souvent l’image que l’on a de soi. Une section entière y est donc consacrée.
Nous y posons trois questions simples que l’on pose rarement franchement : est-ce que vous êtes content d’y aller le matin, est-ce que vous faites ce métier par goût ou pour la paie, et que feriez-vous si l’argent cessait d’être un problème. Les autres questions portent sur le sens, la reconnaissance, l’épuisement, le débordement sur la vie privée et la présence ou non d’une personne de confiance sur place.
Ces dimensions ne sont pas choisies au hasard : ce sont celles que la recherche en psychologie du travail utilise depuis quarante ans pour expliquer l’usure professionnelle et l’engagement. Les travaux qui cadrent cette section :
- Karasek, R. (1979). Job demands, job decision latitude, and mental strain: Implications for job redesign. Administrative Science Quarterly, 24(2), 285–308.
- Siegrist, J. (1996). Adverse health effects of high-effort/low-reward conditions. Journal of Occupational Health Psychology, 1(1), 27–41.
- Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268.
- Wrzesniewski, A., McCauley, C., Rozin, P., & Schwartz, B. (1997). Jobs, careers, and callings: People’s relations to their work. Journal of Research in Personality, 31(1), 21–33.
- Maslach, C., Schaufeli, W. B., & Leiter, M. P. (2001). Job burnout. Annual Review of Psychology, 52, 397–422.
Ce que l’on attend encore de l’amour
Avant la section sur l’intimité, une série de questions porte sur les convictions : croyez-vous qu’il existe une rencontre décisive, qu’on puisse aimer la même personne toute une vie, qu’un engagement pris se tienne même quand les sentiments faiblissent, et qu’une séparation soit un échec ou une étape ordinaire. La dernière question est posée franchement : croyez-vous encore au grand amour.
Ces questions ne mesurent pas votre situation, mais ce que vous tenez pour vrai. C’est précisément l’écart entre les convictions déclarées et les trajectoires réelles qui intéresse la sociologie de la famille, et c’est un écart que l’on ne peut observer qu’en posant les deux types de questions au même endroit. Les travaux qui cadrent cette section :
- Sternberg, R. J. (1986). A triangular theory of love. Psychological Review, 93(2), 119–135.
- Cherlin, A. J. (2004). The deinstitutionalization of American marriage. Journal of Marriage and Family, 66(4), 848–861.
- Finkel, E. J., Hui, C. M., Carswell, K. L., & Larson, G. M. (2014). The suffocation of marriage: Climbing Mount Maslow without enough oxygen. Psychological Inquiry, 25(1), 1–41.
- de Singly, F. (2017). Sociologie de la famille contemporaine. Paris : Armand Colin.
- Bozon, M. (2016). Pratique de l’amour. Le plaisir et l’inquiétude. Paris : Payot.
Une section facultative sur l’intimité
La dernière partie du questionnaire porte sur l’intimité dans le couple. Elle est entièrement facultative, réservée aux personnes majeures, et précédée d’une case de consentement distincte. Vous pouvez envoyer vos réponses sans y toucher.
Elle ne figure pas là par curiosité. Un écart est documenté depuis une vingtaine d’années entre la fréquence de satisfaction rapportée par les hommes et celle rapportée par les femmes, ainsi qu’entre ce qu’un partenaire croit de l’autre et ce que l’autre déclare. Cet écart varie fortement selon le type de relation, la durée, les pratiques et la place faite à la parole. La quasi-totalité des données disponibles provient d’échantillons nord-américains, souvent étudiants. Il n’existe presque rien d’équivalent en langue française, et c’est cette lacune que nous cherchons à commencer à combler.
Les questions sont donc rédigées en termes factuels et mesurables : fréquence, réciprocité, perception de ce que vit l’autre, place accordée à la parole. Elles ne portent ni sur la performance, ni sur des détails intimes, et aucune n’appelle de description. L’objectif est anthropologique et statistique : mesurer un écart, pas collectionner des confidences.
Un avertissement important sur ces données. La vie sexuelle et l’orientation relèvent des catégories particulières de données au sens du règlement général sur la protection des données. Même sans identifiant, leur collecte demande un consentement explicite et spécifique, une finalité clairement annoncée, et une conservation limitée. C’est la raison de la case dédiée à cette section, et la raison pour laquelle rien n’y est obligatoire.
Les travaux qui cadrent cette section :
- Frederick, D. A., St. John, H. K., Garcia, J. R., & Lloyd, E. A. (2018). Differences in orgasm frequency among gay, lesbian, bisexual, and heterosexual men and women in a U.S. national sample. Archives of Sexual Behavior, 47(1), 273-288.
- Armstrong, E. A., England, P., & Fogarty, A. C. K. (2012). Accounting for women’s orgasm and sexual enjoyment in college hookups and relationships. American Sociological Review, 77(3), 435-462.
- Mahar, E. A., Mintz, L. B., & Akers, B. M. (2020). Orgasm equality: Scientific findings and societal implications. Current Sexual Health Reports, 12, 24-32.
- Wade, L. D., Kremer, E. C., & Brown, J. (2005). The incidental orgasm: The presence of clitoral knowledge and the absence of orgasm for women. Women & Health, 42(1), 117-138.
- Herbenick, D., Reece, M., Schick, V., Sanders, S. A., Dodge, B., & Fortenberry, J. D. (2010). Sexual behavior in the United States: Results from a national probability sample. Journal of Sexual Medicine, 7(s5), 255-265.
- Bozon, M. (2013). Sociologie de la sexualité (3e éd.). Armand Colin.
Le questionnaire
Le questionnaire compte sept sections : repères, travail, réseaux sociaux, relations, croisement des deux, amour et engagement, puis une section facultative sur l’intimité. Comptez environ douze minutes si vous répondez à tout, neuf si vous laissez de côté la section facultative. Aucune question n’est obligatoire : laissez vide, ou cochez « Sans réponse », tout ce que vous préférez ne pas renseigner. Répondez en pensant à votre vie telle qu’elle est, pas telle qu’elle devrait être : une enquête n’a d’intérêt que si les réponses sont sincères, et personne ne saura que ce sont les vôtres.
Ce que deviennent vos réponses
Les réponses sont enregistrées sur le site sous forme de lignes de données sans identifiant, dans une base réservée à cette enquête. Elles sont conservées le temps de l’analyse, puis exploitées uniquement sous forme de tableaux et de graphiques. Aucune réponse individuelle n’est publiée, aucune n’est revendue, aucune n’est transmise à un tiers à des fins commerciales.
Une réserve technique, dite franchement. Comme tout formulaire web, l’outil qui enregistre les réponses conserve un journal technique : l’adresse IP et le navigateur utilisés au moment de l’envoi. Ces éléments servent au filtrage des envois automatisés. Ils ne sont jamais rapprochés du contenu des réponses lors de l’analyse, et ils seront supprimés à la clôture de la collecte. Nous préférons l’écrire plutôt que d’employer le mot « anonyme » sans nuance : l’anonymat porte sur les réponses, pas sur le journal du serveur.
Si vous souhaitez qu’une contribution soit retirée, c’est techniquement impossible une fois l’envoi effectué : l’anonymat complet a pour conséquence qu’aucune réponse ne peut être retrouvée ni rattachée à quelqu’un. C’est la contrepartie directe de l’absence d’identifiant, et il est plus honnête de le dire avant que vous ne répondiez.
Les limites de cette enquête
Il faut annoncer les faiblesses avant les résultats, sans quoi les chiffres finissent par être lus comme des preuves alors qu’ils ne sont que des indices.
- L’échantillon n’est pas représentatif. Il est composé de personnes qui lisent ce site, donc déjà intéressées par ces questions. Les résultats décrivent ce lectorat, pas la population générale.
- Les réponses sont déclaratives. L’écart est connu entre le temps d’écran estimé et le temps d’écran mesuré, et il va presque toujours dans le même sens : on se croit plus sobre qu’on ne l’est.
- Les corrélations ne sont pas des causes. Si deux réponses varient ensemble, cela ne dira pas laquelle entraîne l’autre, ni si une troisième variable les explique toutes les deux.
- Aucun résultat ne sera publié tant que le nombre de réponses sera trop faible pour que les pourcentages veuillent dire quelque chose.
Les résultats
Cette section accueillera les premiers résultats : répartition des réponses, croisements entre usage des réseaux et qualité perçue des relations, écarts selon l’âge et la situation relationnelle, et ce que ces observations confirment ou contredisent dans la littérature scientifique citée sur ce site.
La méthode de calcul, le nombre de répondants et les dates de collecte seront indiqués à côté de chaque chiffre. Un résultat sans effectif ni période n’a pas de valeur.
