Mamie n’est pas invitee dans le groupe familial : ce que les reseaux sociaux changent dans la place des grands-parents

Monique, soixante-quatorze ans, apprend par sa voisine que sa famille a organisé un anniversaire surprise pour son petit-fils, entièrement coordonné via un groupe de messagerie auquel elle n’a pas accès. Ce n’est pas un rejet volontaire : ses enfants ont simplement créé le groupe sur une application qu’elle ne maîtrise pas, et personne n’a pensé à l’inclure autrement. Monique se sent pourtant mise à l’écart, spectatrice d’une vie familiale qui continue sans elle sur des canaux qu’elle ne comprend pas.

Le vrai problème n’est pas l’intention, c’est l’accès inégal aux nouveaux outils familiaux

La coordination familiale s’est largement déplacée vers des groupes de messagerie, des albums photo partagés et des visioconférences. Ces outils ne sont pas conçus pour exclure, mais leur adoption inégale entre générations crée de fait une fracture d’accès à l’information familiale, sans qu’aucune intention malveillante ne soit nécessaire pour produire ce sentiment d’exclusion.

Le test : votre famille inclut-elle réellement ses membres les moins connectés ?

  • Certaines décisions ou informations familiales circulent uniquement via des outils numériques peu accessibles à tous
  • Un membre âgé de la famille apprend une nouvelle importante après tout le monde, ou par un tiers extérieur
  • Personne n’a pris le temps d’accompagner ce membre dans l’usage des outils utilisés par le reste de la famille
  • Vous supposez que « ça ne l’intéresserait pas » plutôt que de vérifier réellement son souhait d’être inclus
  • Les événements familiaux sont annoncés uniquement en ligne, sans relais téléphonique ou en personne

Les 3 facteurs humains derrière cette exclusion numérique involontaire

Le biais de la norme technologique

Les générations plus jeunes considèrent souvent l’usage de certains outils numériques comme une évidence universelle, oubliant que la maîtrise de ces outils n’est ni automatique ni uniforme selon l’âge ou l’histoire personnelle de chacun.

La charge invisible de l’inclusion

Inclure réellement une personne moins à l’aise avec le numérique demande un effort supplémentaire, souvent invisible et non anticipé, que personne ne prend spontanément en charge dans l’organisation familiale du quotidien.

La confusion entre distance choisie et distance subie

La famille peut supposer, à tort, qu’un membre plus âgé souhaite rester en retrait, alors qu’il s’agit en réalité d’une distance subie, faute d’accès et d’accompagnement, et non d’un désengagement volontaire.

Ne pas exclure volontairement quelqu’un ne suffit pas à l’inclure réellement.

Le palier à franchir cette semaine

  1. Identifiez les membres de votre famille les moins à l’aise avec les outils numériques utilisés au quotidien
  2. Proposez un accompagnement concret, même bref, pour faciliter leur accès aux groupes ou outils familiaux
  3. Maintenez, en parallèle du numérique, un relais plus traditionnel pour les informations familiales importantes

Cette question de l’accès inégal aux outils numériques touche aussi, de manière plus large, le monde du travail, où certains collaborateurs se sentent mis à l’écart par une communication interne devenue presque exclusivement digitale.

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