Chaque jour, nous prenons entre plusieurs milliers et plusieurs dizaines de milliers de décisions, selon la manière dont on les définit. Certaines sont automatiques (choisir un itinéraire, répondre à un message), d’autres sont conscientes et peuvent modifier profondément notre avenir.
Choisir un partenaire.
Accepter un emploi.
Investir.
Répondre sous l’effet de la colère.
Faire confiance.
Mettre fin à une relation.
Toutes ces situations relèvent d’une même compétence : le Decision Making, autrement dit la prise de décision.
Dans les facteurs humains, cette compétence est considérée comme l’une des plus importantes, car une mauvaise décision est rarement le fruit d’un manque d’intelligence. Elle est bien plus souvent la conséquence d’une mauvaise perception de la situation.
Le Decision Making : bien plus qu’un simple choix
Prendre une décision ne consiste pas uniquement à choisir entre plusieurs options.
Une bonne décision repose sur quatre étapes essentielles :
- percevoir correctement la situation ;
- comprendre ce qui est réellement en train de se passer ;
- anticiper les conséquences possibles ;
- choisir l’action la plus adaptée.
Si l’une de ces étapes est défaillante, la décision perd en qualité.
C’est précisément ce que cherchent à améliorer les facteurs humains.
Une mauvaise perception conduit à une mauvaise décision
Nous avons tendance à croire que nous décidons de manière rationnelle.
En réalité, notre cerveau travaille avec des informations souvent incomplètes.
Il interprète.
Il simplifie.
Il complète les éléments manquants.
Il anticipe.
Autrement dit, nous décidons rarement sur la réalité objective, mais sur la représentation que nous nous faisons de cette réalité.
C’est là qu’intervient la conscience de la situation (Situation Awareness).
La conscience de la situation : la fondation de toute décision
Dans les facteurs humains, la conscience de la situation est définie comme :
La capacité à percevoir les éléments importants de son environnement, à comprendre leur signification et à anticiper leur évolution.
Ce concept a été largement développé par la chercheuse américaine Mica Endsley, dont les travaux ont profondément influencé l’aviation, les opérations militaires et les systèmes complexes.
La conscience de la situation repose sur trois niveaux.
Niveau 1 : Percevoir
Observer les informations importantes.
Que se passe-t-il réellement ?
Quelles informations sont fiables ?
Qu’est-ce qui attire mon attention ?
Niveau 2 : Comprendre
Relier les informations entre elles.
Pourquoi cette personne agit-elle ainsi ?
Pourquoi cette situation évolue-t-elle ?
Quels sont les risques ?
Niveau 3 : Anticiper
Imaginer ce qui va probablement arriver.
Que se passera-t-il si je ne fais rien ?
Quelle sera la réaction de mon interlocuteur ?
Quels seront les effets à long terme ?
Une personne qui saute directement au troisième niveau sans avoir correctement perçu et compris la situation prend souvent de mauvaises décisions.
Pourquoi notre cerveau décide parfois mal
Le cerveau humain n’a pas été conçu pour être parfait.
Il a été conçu pour être rapide.
Pour économiser de l’énergie, il utilise des raccourcis mentaux appelés heuristiques.
Ces raccourcis sont très efficaces dans la majorité des situations.
Mais ils deviennent problématiques lorsque l’environnement est complexe.
Nous pouvons alors :
- surestimer notre confiance ;
- ignorer certaines informations ;
- interpréter des intentions inexistantes ;
- privilégier les informations qui confirment nos croyances (biais de confirmation) ;
- prendre une décision sous l’effet des émotions.
Les facteurs humains ne cherchent pas à supprimer ces mécanismes.
Ils apprennent à les reconnaître.
Les émotions influencent chaque décision
Contrairement à une idée répandue, les émotions ne sont pas les ennemies de la décision.
Elles fournissent des informations précieuses.
Cependant, lorsqu’elles deviennent trop intenses, elles peuvent réduire :
- notre attention ;
- notre mémoire de travail ;
- notre capacité d’analyse ;
- notre flexibilité mentale.
Sous l’effet de la peur, de la colère ou de l’euphorie, nous avons davantage tendance à choisir une solution immédiate plutôt que la meilleure solution.
La fatigue change notre manière de décider
La fatigue est l’un des principaux ennemis de la qualité décisionnelle.
De nombreuses recherches montrent qu’elle diminue :
- la vigilance ;
- la concentration ;
- la capacité à détecter les erreurs ;
- la mémoire de travail ;
- l’anticipation.
C’est pour cette raison que les pilotes, les chirurgiens ou les contrôleurs aériens disposent de règles strictes concernant le temps de repos.
Notre vie quotidienne n’échappe pas à cette réalité.
Combien de mauvaises décisions sont prises simplement parce que nous sommes fatigués ?
Les facteurs humains ne cherchent pas la décision parfaite
Dans les environnements complexes, la décision parfaite n’existe presque jamais.
Les facteurs humains cherchent plutôt à rendre les décisions :
- plus conscientes ;
- plus cohérentes ;
- plus adaptées aux informations disponibles ;
- plus résilientes face à l’incertitude.
Autrement dit, il s’agit d’améliorer le processus, pas seulement le résultat.
Le Decision Making dans la vie quotidienne
Dans le couple
Une phrase peut être mal interprétée.
La réaction immédiate consiste souvent à répondre.
La meilleure décision consiste parfois à vérifier ce que l’autre voulait réellement dire.
Une meilleure perception évite de nombreux conflits.
Au travail
Décider rapidement n’est pas toujours décider efficacement.
Les meilleurs professionnels prennent quelques secondes pour :
- vérifier leurs hypothèses ;
- rechercher des informations complémentaires ;
- consulter leur équipe.
Cette courte pause améliore considérablement la qualité des décisions.
Dans les relations sociales
Nous attribuons souvent aux autres des intentions qu’ils n’ont jamais eues.
Le Decision Making invite à distinguer :
- les faits ;
- les interprétations ;
- les hypothèses.
Cette simple distinction transforme notre manière de communiquer.
Face aux réseaux sociaux
Les plateformes numériques sollicitent en permanence notre système de récompense.
Chaque notification nous pousse à réagir rapidement.
Les facteurs humains encouragent à ralentir le processus décisionnel.
Avant de partager, commenter ou répondre, une question essentielle peut être posée :
Est-ce une réaction… ou une décision ?
La méthode des professionnels
Les pilotes, les médecins ou les équipes de secours utilisent souvent une démarche proche de celle-ci :
Observer
Que sais-je réellement ?
Vérifier
Quelles informations me manquent ?
Comprendre
Quelles sont les causes probables ?
Anticiper
Quelles seront les conséquences de chaque option ?
Décider
Quelle est l’action la plus adaptée aux informations disponibles ?
Réévaluer
Ma décision reste-t-elle pertinente à mesure que la situation évolue ?
Cette méthode peut être appliquée dans pratiquement toutes les situations de la vie quotidienne.
Pourquoi Allectio place le Decision Making au cœur des facteurs humains
Chez Allectio, nous considérons que la qualité d’une vie dépend en grande partie de la qualité des décisions qui la construisent.
Chaque rencontre.
Chaque relation.
Chaque conflit.
Chaque projet.
Chaque réussite.
Chaque échec.
Commence par une décision.
Mais une bonne décision ne naît jamais du hasard.
Elle repose sur une compréhension claire de la situation, une gestion des émotions, une communication adaptée et une capacité à anticiper les conséquences de nos choix.
C’est précisément ce que les facteurs humains permettent de développer.
Conclusion
Le Decision Making n’est pas réservé aux pilotes, aux militaires ou aux dirigeants d’entreprise.
C’est une compétence fondamentale de la vie quotidienne.
Plus notre conscience de la situation est précise, plus nos décisions deviennent pertinentes.
Et plus nos décisions sont pertinentes, plus nos relations, notre carrière et notre équilibre personnel ont de chances d’évoluer dans la bonne direction.
Comprendre les facteurs humains, c’est apprendre que la meilleure décision n’est pas toujours la plus rapide, mais celle qui s’appuie sur la meilleure compréhension de la réalité.
Chez Allectio, nous croyons que chaque décision est une opportunité de progresser. Développer son Decision Making, c’est développer sa capacité à comprendre le monde, à comprendre les autres… et à mieux se comprendre soi-même.
À lire aussi sur le même sujet
- L’origine des facteurs humains : une discipline née pour sauver des vies
- Pourquoi deux personnes voient-elles la même chose… mais comprennent deux réalités différentes ?
- Les facteurs humains : la compétence invisible qui transforme votre quotidien
📲 Et si vous vous entraîniez vraiment ? Découvrez Allectio
Les situations comme celle-ci se rejouent tous les jours. L’application Allectio vous apprend à les lire autrement, grâce à 12 parcours guidés et 83 modules courts issus des facteurs humains, de la psychologie et des sciences du comportement.
👉 Deux parcours sont 100 % gratuits (13 modules), disponibles dès l’installation. Voir le détail des 12 parcours ou le fonctionnement de l’application.
📱 Télécharger sur l’App Store
🤖 Télécharger sur Google Play
Progressez à votre rythme et transformez chacune de vos relations.
